Bonjour à tous
jsilvestre a écrit :Bonjour Jean François,
c'est aussi ma façon de procéder, deux amplis et deux dacs identiques une seule modification sur un des éléments à la fois et comparaison par l'écoute. C'est contraignant, long , très long mais cette rigueur permet d'obtenir des résultats très intéressants et reproductibles.
J'ai aussi essayé de caractériser et mesurer les composants en terme de bruits, de chercher les grains de riz de l'intérieur puisque les mesures globales ne montrent rien. La corrélation entre mesures et écoutes peut être bonne jusqu'à un certain point ou tout s'écroule... Par exemple le bruit en excès d'une résistance dépend de la tension, mettre deux résistances en série fait baisser ce bruit et l'écoute est améliorée. Sauf qu'arrive un moment ou le bruit en excès diminue tellement qu'il n'est plus mesurable, masqué par le bruit thermique, alors qu'à l'écoute l'amélioration continue d'être perçue..!
Joël
Je procède exactement de la même manière, avec à peu près le même outillage que le tien, en te lisant.
Je peux par exemple affirmer qu'il y a une différence évidente entre 2 condensateurs de même valeur et de même tension de service placés au même endroit (en sortie de RIAA par exemple). La mesure ne détecte que dalle... Un 1µF est un 1µF diraient les bornés...
J'ai également constaté qu'entre 2 corrections RIAA passives, placées dans le même circuit, mais dont les valeurs des composants diffèrent tout en respectant les constants de temps bien entendu, il y a une différence qui peu aller de perceptible à carrément énorme. Exemple les SRPP de l'audiophile n° 2, 7 et celui d'elektor.
Mais pour en revenir au signal numérique :
Prenons un enregistrement studio effectué en 24 bits ce qui je pense est le plus courant actuellement, les spécialistes me contrediront peut-être.
Or, le format CD n'a toujours pas bougé. 16 bits. Il faudra donc convertir notre 24 bits en 16 bits afin de le graver sur le support.
Comment passer de 24 bits à 16 bits sans erreurs de quantification qui vont se traduite par de la distorsion (harmonique) et par du bruit ?
Et bien on va appliquer la tremblotte, à savoir le dither, ou dithering. Un bruit continu de faible niveau est appliqué au signal original, bruit aléatoire. La base de cette technique est aéronautique. Et oui mesdames et messieurs, nous en sommes venus à quelque-chose de tellement parfait qu'il faut y rajouter du bruit pour le rendre encore plus parfait. C'est du "plus je pédale moins fort, et moins j'avance plus vite".
Cette technique est appliquée avant chaque gravure sur cd. Sinon, nous avons ceci :
1Khz enregistré en 24 bits :
[attachment=29298]
Même signal, converti en 16 bits :
[attachment=29299]
Magnifique, n'est ce pas ? La DH est partout... D'où le fameux dithering... et son bruit de fond que l'on rajoute, qui va nous supprimer toutes ces pointes indésirables...
[attachment=29300]
Le bruit de fond est élevé, mais reste à environ -120 dBFS donc en théorie inaudible, et surtout homogène, plutôt que de pics constitués par les erreurs de quantification.
Ceci, tous les ingés du son l'appliquent. Une seule fois, sinon c'est la cata.
Mais ce n'est pas tout... car comme ajouter du bruit à un master n'est pas philosophiquement parlant acceptable, on va diminuer ce bruit. C'est ce filtrage que l'on appelle le "noise shaping". Que l'on peut caler sur les fréquences que l'on désire, comme tout filtre.
Augmenter la résolution d'un DAW en bits est bien. Mais lorsqu'il faut ensuite réduire ce nombre de bits pour le CD, problèmes !
Si le signal numérique, ou plutôt sa numérisation pour arriver à son support était parfaite, ça se saurait...
Les mathématiques sont l'art de donner le même nom à des choses différentes. (Henri Poincaré)