Bonjour,
Je me permets juste d’apporter mon modeste retour d’expérience entre numérique et analogique.
Je pars du principe que ce qui compte c’est l’œuvre que l’on écoute et on essaye de la reproduire de la manière la plus fidèle et la plus réaliste possible. Je pense que c’est pour cela que nous sommes sur ce forum.
Je travaille depuis plusieurs années sur le sujet de l’enregistrement des vinyles, j’ai commencé modestement ma platine sony pour arriver aujourd’hui sur un meilleur équipement avec une Pro-ject RPM et une AT33RPG2 et différents préamplis RIAA que je cherche toujours à améliorer.
Cela m’a conduit à travailler sur deux axes :
• Avoir la même fidélité pour le vinyle et le numérique
• La qualité des éditions, c’est vraiment l’aspect musical qui compte
Pour le premier point, pour chercher à comparer 2 éléments différents sur une chaine, il faut se mettre dans les mêmes conditions. Le numérique a une bande passante linéaire, en fait c’est une ligne droite de 20 à 20khz voir plus selon la fréquence d’échantillonnage.
Ce n’est pas toujours le cas avec une cellule, la réponse du numérique est linéaire dans une fourchette de +-0.2dB (voir moins), mais elle est plutôt de +-3 dB (comme le montre le relevé d’une Quintet Blue et une Grado Black). Comme beaucoup de cellule, la courbe est souvent descendante, avec souvent une petite remonté au-dessus de 10kHz.
Donc si on règle son système audio avec une source numérique comme référence, la platine vinyle aura plus de présence dans le bas du spectre, des aigus plus doux et de la précision au-dessus de 10k (si la cellule a une remonté dans le haut du spectre).
Si maintenant je règle mon système pour que la platine vinyle passe au mieux, alors le numérique paraîtra plus présent voir agressif dans les aigus, avec moins d’assise.
Mon approche est donc la suivante, je veux obtenir le signal le plus proche de l’original, c’est-à-dire du master à l’origine du vinyle. Pour cela, il faut que la réponse de la cellule soit logiquement la plus linéaire possible. Je corrige donc pour avoir la réponse de la cellule la plus linéaire possible. La correction est simple à faire avec un petit ajustement de la réponse RIAA qui permet d’obtenir une réponse linéaire comme celle-ci (AT33RPG2).
Et maintenant, l’écart entre le numérique et l’analogique s’est fortement réduit à l’écoute. On retrouve le même équilibre. Et c’est vraiment la qualité des éditions qui font surtout la différence sur la Musique.
Sur ce point, j’échange souvent avec un autre passionné, et ils nous arrivent de comparer plus d’une dizaine de versions d’un même album, des enregistrements analogiques (vinyles) ou numériques (CD, SACD, dématérialisé en HR ou non).
Je vais certainement redire des évidences, mais :
- Si un enregistrement de base est mauvais, quelque soit le support, il reste mauvais, il n’y a pas de surprise. Quoiqu’une compression de dynamique très forte peut redonner un peu d’énergie et améliore le rendu, mais on s’éloigne de la fidélité de l’original.
- Si l’enregistrement de base est de bonne qualité, tout va dépendre du mastering qui va être fait. Il y a un master par type de support.
Sur de très nombreux enregistrements modernes ou remastering , il y a la compression de la dynamique (le loundness war a déjà été abordé) appliqué sur le master pour un support numérique, car seul le numérique supporte un niveau de sortie à son maximum « en permanence », cela touche aussi bien le CD, SACD et le dématérialisé HR.
Le master pour le vinyle n’applique pas cette compression excessive, car celui-ci ne le supporterait pas, sauf en réduisant la durée d’une face ou en réduisant le niveau d’enregistrement.
Dans ce cas le vinyl à un DR supérieur au format numérique. Il est beaucoup plus agréable à écouter sur un bon système. Dans les transports en commun, la version compressée a aussi de l’intérêt si l’on n’a pas un casque avec réduction du bruit.
J’en profite pour signaler que cette compression à outrance, fatigue l’oreille et apprend l’oreille a de moins en moins travailler. On peut donc s’attendre à de plus en plus de problème d’audition dans les futures années pour nos jeunes générations qui écoutent majoritairement ce type d’enregistrement.
- Sur les enregistrements de qualité réalisés en numérique, s’il n’y a pas de compression lors du mastering, la source numérique est par logique l’idéal. Seul quelques rares maisons d’édition sérieuses le proposent. Le vinyle n’apporte rien de plus, car il est fait sur la base du master numérique. Sauf si sa chaine est optimisée pour la lecture vinyle.
- Sur les enregistrements d’origine analogique, si la numérisation est récente avec un bon mastering, le numérique est aussi l’idéal car il est obtenu directement de la bande magnetique, mais, là c’est très rare, et c’est l’une des raisons qui m’ont poussé à enregistrer et écouter les vinyles pour avoir la meilleure édition possible, et aussi pour avoir plus de souplesse à l’écoute.
- Reste les remastering des sources analogiques (ou numériques), le problème est souvent marketing, si le remastering est dans la nuance, vous n’allez pas inciter les consommateurs à acheter, il faut donc entendre une différence, on va donc souvent retrouver une accentuation des graves, aigus et de la compression. Il ne faut pas généraliser, mais c’est souvent le cas, et la version original reste donc souvent la meilleure.
Alors, maintenant, si l’on me demande si je préfère la version numérique ou analogique (vinyle), je vous dirai que ça dépend de chaque album et de ses éditions, ma réponse sera donc au cas par cas …