14/08/2022-17:39:54
RE: Comparaison modes de filtrage
On peut raisonner de la manière suivante : si le fait de tronquer toutes les fréquences sous la limite audible - mettons 15 Hz, comme dans les filtres subsoniques classiques issus du vinyl, n’avait pas d’inconvénient audible, alors leur usage serait généralisé en très haute fidélité, puisqu’il limiterait la distorsion induite même à faible niveau relatif, sur les haut-parleurs, excités bien en-dessous de leur fréquence de résonance. Or, non seulement les filtres subsoniques n’ont guère la cote chez les audiophiles, mais aussi je ne suis pas le seul à apprécier les électroniques à couplage direct (Kaneda…), et ai toujours trouvé (avec de bons transducteurs dans le grave) un avantage audible à étendre la réponse de la chaine d’amplification vers le bas en analogique, en augmentant par exemple les valeurs et qualités de capas inter-étages ou d’entrée.
En numérique, j’ai fait le même constat, plutôt en pire : il est facile et tentant de couper raide, par exemple à 24 dB/octave sous 15 Hz. Or j’ai toujours trouvé que ce faisant, on enlevait quelque chose à la musique.
Concernant le numérique j’ai en son temps apprécié le convertisseur Chord DAC 64, spécifiquement avec l’opérateur long de rééchantillonnage en sinus cardinal qui n’a fait que gagner des échantillons depuis. La comparaison entre filtre long et filtre court était sans ambage sur des Voix du Théâtre en multiamplification active plutôt bien réglé et assisté tout en bas par un caisson JBL utilisant un 2215A de 18 pouces dans un caisson plutôt volumineux qui descendait proprement.
20 ans plus tard, sur mon système 415A, je découvre en numérique, utilisant Roon associé au logiciel HQplayer, que les meilleurs résultats sont obtenus avec un rééchantillonnage utilisant le filtre sinc-M, qui comporte 1 million d’échantillons. Les filtres type sinc plus court sont moins bons en ce qui concerne le rendu de l’espace, des transitoires subtils.
Le constat vaut aussi bien lorsque la réponse du système 415A/AKT est linéarisée par le filtre passif LCR aux valeurs optimisées avec Jean Hiraga et Bruno Plouvier, que dans une configuration dans laquelle ce filtre LCR est simulé par un filtre FIR défini dans rePhase et appliqué en convolution dans la foulée avec le sinus cardinal : les meilleurs résultats subjectifs sont obtenus avec les filtres les plus longs, en acceptant, dans le cas de cette convolution additionnelle, une latence de plus de 20 secondes, le temps de « pipe-liner » le flux numérique stéréo dans cette double convolution. Non, je n’ai pas investi chez Chord pour réduire la latence, dans un Dave dernier cri plus un M-scaler : le budget est dissuasif.
Je conclus en tout cas qu’il se produit « quelque chose » dans notre perception, qui rend sensible la troncation des très basses fréquences, largement sous notre seuil d’audition. Mettons qu’il faille éviter toute altération du signal jusqu’à quelques Hz. Par exemple 3 Hz. Si on échantillonne à 384 kHz, on est bien dans le million d’échantillons pour échantillonner une pleine longueur d’onde à 3 Hz, en plus de l’argument de Chord de précision de la reconstruction, argument étayé et solide.
Peut-être est-ce le fait que la réponse impulsionnelle, quand on tronque la partie du spectre la plus basse, se retrouve perturbée par des lobes secondaires non négligeables. Ceux-ci peuvent-ils interférer auditivement avec l’enveloppe du reste du signal pour créer une forme insidieuse d’ intermodulation ?
Ce n’est qu’une hypothèse mais cela pourrait expliquer aussi pourquoi les filtres subsoniques ne sont guère utilisés. Faut-il aussi incriminer des rotations de phases commençant plus haut ?
En numérique, j’ai fait le même constat, plutôt en pire : il est facile et tentant de couper raide, par exemple à 24 dB/octave sous 15 Hz. Or j’ai toujours trouvé que ce faisant, on enlevait quelque chose à la musique.
Concernant le numérique j’ai en son temps apprécié le convertisseur Chord DAC 64, spécifiquement avec l’opérateur long de rééchantillonnage en sinus cardinal qui n’a fait que gagner des échantillons depuis. La comparaison entre filtre long et filtre court était sans ambage sur des Voix du Théâtre en multiamplification active plutôt bien réglé et assisté tout en bas par un caisson JBL utilisant un 2215A de 18 pouces dans un caisson plutôt volumineux qui descendait proprement.
20 ans plus tard, sur mon système 415A, je découvre en numérique, utilisant Roon associé au logiciel HQplayer, que les meilleurs résultats sont obtenus avec un rééchantillonnage utilisant le filtre sinc-M, qui comporte 1 million d’échantillons. Les filtres type sinc plus court sont moins bons en ce qui concerne le rendu de l’espace, des transitoires subtils.
Le constat vaut aussi bien lorsque la réponse du système 415A/AKT est linéarisée par le filtre passif LCR aux valeurs optimisées avec Jean Hiraga et Bruno Plouvier, que dans une configuration dans laquelle ce filtre LCR est simulé par un filtre FIR défini dans rePhase et appliqué en convolution dans la foulée avec le sinus cardinal : les meilleurs résultats subjectifs sont obtenus avec les filtres les plus longs, en acceptant, dans le cas de cette convolution additionnelle, une latence de plus de 20 secondes, le temps de « pipe-liner » le flux numérique stéréo dans cette double convolution. Non, je n’ai pas investi chez Chord pour réduire la latence, dans un Dave dernier cri plus un M-scaler : le budget est dissuasif.
Je conclus en tout cas qu’il se produit « quelque chose » dans notre perception, qui rend sensible la troncation des très basses fréquences, largement sous notre seuil d’audition. Mettons qu’il faille éviter toute altération du signal jusqu’à quelques Hz. Par exemple 3 Hz. Si on échantillonne à 384 kHz, on est bien dans le million d’échantillons pour échantillonner une pleine longueur d’onde à 3 Hz, en plus de l’argument de Chord de précision de la reconstruction, argument étayé et solide.
Peut-être est-ce le fait que la réponse impulsionnelle, quand on tronque la partie du spectre la plus basse, se retrouve perturbée par des lobes secondaires non négligeables. Ceux-ci peuvent-ils interférer auditivement avec l’enveloppe du reste du signal pour créer une forme insidieuse d’ intermodulation ?
Ce n’est qu’une hypothèse mais cela pourrait expliquer aussi pourquoi les filtres subsoniques ne sont guère utilisés. Faut-il aussi incriminer des rotations de phases commençant plus haut ?
