Bonjour Jean Louis,
Dans un monde idéal, l'enceinte aurait une directivité constante et la salle, un temps de réverbération linéaire et lui aussi relativement constant (les longueurs d'ondes dans le grave ne permettent hélas pas aux basses fréquences de s'arrêter de voyager aussi rapidement que les ondes hautes fréquences.
Une enceinte à la réponse plate dans l'axe et dont la réponse hors axe serait parfaitement constante dans une tel environnement acoustique n'aurait pas besoin d'etre directive, les murs absorbant suffisamment pour assurer un retour des sons réverbérés dans un délai assez long pour que les premieres réflexions ne puissent etre confondus avec les sons directs, dans ce cas, la réverbération ne pose pas de problème si le TR est linéaire en fréquence.
La directivité n'est ensuite nécessaire que dans le cas ou une enceinte a radiation directe serait trop peu puissante pour garantir 105dB pic au point d'écoute, ce qui arrive vite si on est loins des enceintes (en gros, perte de 3dB par doublement de la distance)
Comme en environnement domestique, les conditions acoustiques ne sont jamais idéale, particulièrement sur les premières réflexions, l'augmentation de la directivité est salvatrice car le front d'onde est sensiblement retardé, permettant ainsi d'arriver à plus de 9mS de retard à 1kHz, 11mS à 400Hz, mais plus difficile, 30mS à 200Hz.... Ces temps de retour des sons réverbérés dans la zone d'écoute permettent au cerveau de les différencier des sons directs, le cerveau les considères comme un évènement différentiable, c'est perçu comme de la réverbération non assimilé à la source.
Un 15A avec une forte directivité permet de différencier jusque 200Hz sans soucis et ça s'entends...
Côté enceintes, c'est la même chose, les grandes longueurs d'ondes rendent utopique de garder une directivité maitrisée dans les basses fréquences, la directivité est donc toujours croissante, un pavillon dit à directivité constante sera en fait à directivité croissante, mais des des proportions proportionnellement plus faibles qu'il sera peu directif.
Le montage idéal est donc d'avoir une forte directivité bas en fréquence (l'index global de directivité est prépondérant) et de réussir à conserver cet indice plus haut en fréquence, sans trop fermer donc dans les HF, viser 90H de 400 à 5kHz serait un bel objectif, donc un pavillon bas médium très directif associé à un pavillon de médium / aigu assez peu directif.
Chacun ensuite peut adapter en fonction de sa salle et de son système, jouer avec les axes comme le propose Greg, enrichir hors axe en cas de pavillon à directivité très croissantes, croiser pour moins arroser les murs, le tout en jouant avec les traitements acoustiques (avec en priorité les premières réflexions si cela est possible.
Réduire la distance critique est évidement la solution, en éloignant évidement les enceintes des murs (l'onde mets ainsi plus de temps à recroiser la zone d'écoute) et en avançant la zone d'écoute vers les enceintes (masquage du champ réverbéré par le champ direct) permet d'améliorer l'écoute, mais au détriment de l'immersion
xnwrx
Jean-Marc, je n'aime pas du tout le principe d'ajouter des sources hors axe. Le faire c'est à nouveau se trouver dans une situation très dépendante de la pièce et c'est aussi compenser un raté dans la source principale.
Compenser est une alternative à une voie complémentaire dans l'axe car c'est difficile de trouver un pavillon CD qui guide très bas. C'est surtout un moyen de réglage simple et efficace à l'écoute.
Au dessus de 5kHz, la directivité se resserre toujours plus, les secteurs de gorges aident, mais ça a d'autres inconvénients.
J'ai des enceintes qui sont très peu directives, des murs et fenêtres très proches (mais jamais à moins de 1m)
Ca c'est bien car ça recule le temps de fusion
positionnement complètement asymétrique dans la pièce (1m du mur à droite, 5m du mur à gauche) peu de traitements acoustique, j'écoute bien au delà de la distance critique et pourtant j'ai un centre et une spatialisation excellente.
C'est surprenant en effet, maintenant il faut comparer avec une écoute nearfield en écoutant la précision et la force du centre qui est le témoin clé de ce qui se passe hors axe.
Comment expliquer cela ?
On peut etre satisfait d'une image stéréophonique un peu floue, mais quand on prends l'habitude d'une scène "haute définition", c'est difficile de revenir en arrière, surtout si en même temps, on conserve une envellope sonore large. C'est hélas souvent l'un ou l'autre, le cumul des 2 n'étant possible que dans un environnement parfaitement traité et par une top gestion de la directivité.
La réponse au point d'écoute n'est à mon sens, qu'une partie réduite des qualités d'un système audio, ce qui se passe hors axe est prépondérant et les asymétries acoustiques ont un impact fort sur la reconstitution de la scène sonore, idéalement, faudrait traiter asymétriquement pour compenser.
J'aimerais comparer avec du directif, et sans ajouter de diffus hors axe.
Dans les expérimentations que tu veux faire, il est intéressant de ne fermer à rien et d'essayer à l'écoute, c'est un moyen assez spectaculaire à l'écoute de jouer avec la réponse hors axe et de ressentir en instantané l'impact.
En plus, comme tu maitrises bien les EQ, tu peux adapter la réponse hors axe et meme, gérer les asymétries acoustiques (courbe de réponse et délais différents entre D et G)
Mais oui, c'est certain qu'il y a possibilité de faire sans, en augmentant le nombre de pavillons, donc de voies, en jouant avec leurs angles vers le mur et en faisant attention aux raccords en directivité, donc de trouver des pavillons dont les données constructeurs sont bien renseignées pour définir la fréquence de coupure.
Sans la salle idéale en terme de traitement, il reste le tâtonnement et les essais, mais comme on a tous tendance à faire ça plutôt que de s'occuper de l'acoustique de la salle qui serait normalement le premier sujet, mais c'est vrai que c'est rarement possible pour tout un tas de raison et puis ces essais sont amusants !!!
En tout cas, je ne crois pas que ce soit possible de concevoir l'enceinte théorique idéale et d'obtenir du premier coup le bon résultat lorsque la salle n'est pas adaptée.
La solution est je pense, la versatilité de l'enceinte et des réglages pour adapter in situs. Quand j'écoute chez certains qui ont tout fait à l'oreille, au feelling, je me dit que c'est aussi un bon moyen que de procéder par essais, ensuite la maitrise de la mesure permet de gagner du temps, d'analyser et de comprendre ce que l'on apprécie ou pas, en tout cas, c'est comme cela que je vois les choses.
Dans un monde idéal, l'enceinte aurait une directivité constante et la salle, un temps de réverbération linéaire et lui aussi relativement constant (les longueurs d'ondes dans le grave ne permettent hélas pas aux basses fréquences de s'arrêter de voyager aussi rapidement que les ondes hautes fréquences.
Une enceinte à la réponse plate dans l'axe et dont la réponse hors axe serait parfaitement constante dans une tel environnement acoustique n'aurait pas besoin d'etre directive, les murs absorbant suffisamment pour assurer un retour des sons réverbérés dans un délai assez long pour que les premieres réflexions ne puissent etre confondus avec les sons directs, dans ce cas, la réverbération ne pose pas de problème si le TR est linéaire en fréquence.
La directivité n'est ensuite nécessaire que dans le cas ou une enceinte a radiation directe serait trop peu puissante pour garantir 105dB pic au point d'écoute, ce qui arrive vite si on est loins des enceintes (en gros, perte de 3dB par doublement de la distance)
Comme en environnement domestique, les conditions acoustiques ne sont jamais idéale, particulièrement sur les premières réflexions, l'augmentation de la directivité est salvatrice car le front d'onde est sensiblement retardé, permettant ainsi d'arriver à plus de 9mS de retard à 1kHz, 11mS à 400Hz, mais plus difficile, 30mS à 200Hz.... Ces temps de retour des sons réverbérés dans la zone d'écoute permettent au cerveau de les différencier des sons directs, le cerveau les considères comme un évènement différentiable, c'est perçu comme de la réverbération non assimilé à la source.
Un 15A avec une forte directivité permet de différencier jusque 200Hz sans soucis et ça s'entends...
Côté enceintes, c'est la même chose, les grandes longueurs d'ondes rendent utopique de garder une directivité maitrisée dans les basses fréquences, la directivité est donc toujours croissante, un pavillon dit à directivité constante sera en fait à directivité croissante, mais des des proportions proportionnellement plus faibles qu'il sera peu directif.
Le montage idéal est donc d'avoir une forte directivité bas en fréquence (l'index global de directivité est prépondérant) et de réussir à conserver cet indice plus haut en fréquence, sans trop fermer donc dans les HF, viser 90H de 400 à 5kHz serait un bel objectif, donc un pavillon bas médium très directif associé à un pavillon de médium / aigu assez peu directif.
Chacun ensuite peut adapter en fonction de sa salle et de son système, jouer avec les axes comme le propose Greg, enrichir hors axe en cas de pavillon à directivité très croissantes, croiser pour moins arroser les murs, le tout en jouant avec les traitements acoustiques (avec en priorité les premières réflexions si cela est possible.
Réduire la distance critique est évidement la solution, en éloignant évidement les enceintes des murs (l'onde mets ainsi plus de temps à recroiser la zone d'écoute) et en avançant la zone d'écoute vers les enceintes (masquage du champ réverbéré par le champ direct) permet d'améliorer l'écoute, mais au détriment de l'immersion
xnwrx
Jean-Marc, je n'aime pas du tout le principe d'ajouter des sources hors axe. Le faire c'est à nouveau se trouver dans une situation très dépendante de la pièce et c'est aussi compenser un raté dans la source principale.
Compenser est une alternative à une voie complémentaire dans l'axe car c'est difficile de trouver un pavillon CD qui guide très bas. C'est surtout un moyen de réglage simple et efficace à l'écoute.
Au dessus de 5kHz, la directivité se resserre toujours plus, les secteurs de gorges aident, mais ça a d'autres inconvénients.
J'ai des enceintes qui sont très peu directives, des murs et fenêtres très proches (mais jamais à moins de 1m)
Ca c'est bien car ça recule le temps de fusion
positionnement complètement asymétrique dans la pièce (1m du mur à droite, 5m du mur à gauche) peu de traitements acoustique, j'écoute bien au delà de la distance critique et pourtant j'ai un centre et une spatialisation excellente.
C'est surprenant en effet, maintenant il faut comparer avec une écoute nearfield en écoutant la précision et la force du centre qui est le témoin clé de ce qui se passe hors axe.
Comment expliquer cela ?
On peut etre satisfait d'une image stéréophonique un peu floue, mais quand on prends l'habitude d'une scène "haute définition", c'est difficile de revenir en arrière, surtout si en même temps, on conserve une envellope sonore large. C'est hélas souvent l'un ou l'autre, le cumul des 2 n'étant possible que dans un environnement parfaitement traité et par une top gestion de la directivité.
La réponse au point d'écoute n'est à mon sens, qu'une partie réduite des qualités d'un système audio, ce qui se passe hors axe est prépondérant et les asymétries acoustiques ont un impact fort sur la reconstitution de la scène sonore, idéalement, faudrait traiter asymétriquement pour compenser.
J'aimerais comparer avec du directif, et sans ajouter de diffus hors axe.
Dans les expérimentations que tu veux faire, il est intéressant de ne fermer à rien et d'essayer à l'écoute, c'est un moyen assez spectaculaire à l'écoute de jouer avec la réponse hors axe et de ressentir en instantané l'impact.
En plus, comme tu maitrises bien les EQ, tu peux adapter la réponse hors axe et meme, gérer les asymétries acoustiques (courbe de réponse et délais différents entre D et G)
Mais oui, c'est certain qu'il y a possibilité de faire sans, en augmentant le nombre de pavillons, donc de voies, en jouant avec leurs angles vers le mur et en faisant attention aux raccords en directivité, donc de trouver des pavillons dont les données constructeurs sont bien renseignées pour définir la fréquence de coupure.
Sans la salle idéale en terme de traitement, il reste le tâtonnement et les essais, mais comme on a tous tendance à faire ça plutôt que de s'occuper de l'acoustique de la salle qui serait normalement le premier sujet, mais c'est vrai que c'est rarement possible pour tout un tas de raison et puis ces essais sont amusants !!!
En tout cas, je ne crois pas que ce soit possible de concevoir l'enceinte théorique idéale et d'obtenir du premier coup le bon résultat lorsque la salle n'est pas adaptée.
La solution est je pense, la versatilité de l'enceinte et des réglages pour adapter in situs. Quand j'écoute chez certains qui ont tout fait à l'oreille, au feelling, je me dit que c'est aussi un bon moyen que de procéder par essais, ensuite la maitrise de la mesure permet de gagner du temps, d'analyser et de comprendre ce que l'on apprécie ou pas, en tout cas, c'est comme cela que je vois les choses.
