JM Plantefeve a écrit :Bonjour forr,
Cette distorsion mémo-thermique est difficile à mettre en évidence par des mesures. Je n'ai pas lu de comptes rendus d'expériences qui la démontrent sur un grand nombre d'appareils.
Pour les lecteurs qui se demanderaient de quoi on parle : un article d'Héphaïstos.
De mémoire : un des derniers articles d'Héphaïstos dans l'Audiophile mentionnait un amplificateur sans prétention de la marque japonaise JVC. La tentative de l'auteur d'en évaluer la distorsion thermique n'avait pas abouti à un résultat probant. Sa conclusion était assez déroutante.
Citation :A propos de : Un point que je pense souvent sous-estimé à la conception des électroniques de puissance, le traitement du signal à amplifier, au niveau de l'entrée (+), voire au niveau du réseau de contre-réaction (entrée -).
Pour dissiper les craintes d'un éventuel comportement thermique nuisible provenant des étages d'entrée des amplificateurs, ...
D'après ce qu'a constaté Douglas Self, si des effets thermiques génèrent des non-linéarités, elles devraient se traduire par une remontée de la distorsion harmonique en dessous de 100 Hz. Ceci ne se produit que dans les amplificateurs de puissance en circuits intégrés (la cause en est la proximité entre l'étage de puissance et l'étage d'entrée qui se trouve de ce fait sujet à de variations de température rapides)
Dans aucun des tests d'amplificateurs en composants discrets que j'ai vus, mon attention n'a été attirée par un phénomène identique.
Citation :Quant à la distorsion mémoire thermique, je l'imagine davantage au VAS. Je ne l'ai pas mesurée, effectivement, mais quand je trie des transistors au courant et tension d'emploi de cet étage, je vois très vite l'effet thermique.
On pourrait suspecter le VAS (Voltage Gain Stage = étage de gain principal, en général le deuxième étage des amplificateurs), sujet à de larges variations de tension, d'introduire des linéarités d'origine thermique. Mais en dessous de 100 Hz, la contre-réaction qui dépasse la plupart du temps les 30 dB pour les circuits les plus simples, 50 dB s'ils sont un peu élaborés (cas habituel) et 70 dB pour les schémas aux très bonnes performances, en efface tout effet détectable.
Contrairement à ce qu'on l'a tendance à croire, l'étage qui a le plus grand gain en tension n'a qu'une responsabilité limitée dans la distorsion de l'amplificateur en boucle fermée.
Les résultats précédents sont d'autant plus étonnants que les comportements des transistors sont fortement liés à la température. Heureusement, en ce qui concerne les bipolaires, ils sont bien prévisibles.
J'avais abordé le sujet de la distorsion thermique dans ce fil :
https://forums.melaudia.net/showthread.php?tid=6547
J'y présentais des travaux que j'avais menés en 2011 et publiés sur le forum Audax. Je faisais varier par palier la tension d'alimentation de circuits et en mesurais la distorsion harmonique à 1 kHz avec un appareil très performant.
Mon idée était que si la distorsion était constante avec deux valeurs de tension d'alimentation différentes, on pouvait en conclure que la distorsion thermique n'était pas un concept très pertinent.
Cette étude avait été bien reçue sur Audax, mais un peu contestée ici, avec l'argument que la distorsion constante entre deux états stables ne permet pas de présager ce qui se passe durant le transitoire, c'est à dire durant le passage d'un état à l'autre, auquel est soumis un étage d'entrée aux basses fréquences.
Aux fréquences élevées, l'inertie thermique stabilise le comportement des transistors des variations de puissance engendrées par le signal.
L'expérience est donc à poursuivre avec du matériel permettant d'étudier le comportement des circuits avec des variations lentes (inférieures à 100 Hz) des tensions d'alimentation. Pour mieux observer les effets, on peut mettre les circuits dans des conditions plus difficiles que celles qu'ils rencontrent en pratique avec une amplitude des variations de tension dépassant largement celle du signal.
S'il existe d'autres
expériences récentes cherchant à mettre en évidence la distorsion thermique, je serais intéressé de les connaître.
Citation :Il y a une autre méthode, plus simple: configurer l'amplificateur en inverseur, signal et contre-réaction injectés sur l'entrée inverseuse, entrée non-inverseuse à la masse. ... qui s'est livré à l'expérience ?
M. Kaneda ?
Je n'ai rien lu qui me laisse le penser.
Quand j'ai fait l'expérience avec le schéma standard de Self, je n'ai rien perçu qui me pousse à garder la configuration inverseuse.
Mais mes amplis actuels, au schéma plus simple et plus performant, sont tous inverseurs.
Citation :A ces entrées, je ne pensais pas vraiment à cette distorsion. Je me rappelle d'un amplificateur ridiculisé à l'écoute face au Cube. Après investigation, l'élément en cause était un atténuateur passif de 100kR en amont alors que le Cube utilise un potentiomètre de 10kR intégré au plus court.
D'aucuns ici connaissent ma préconisation insistante concernant l'emploi de potentiomètres de 10 kΩ. Une impédance élevée vue par un étage d'entrée d'un circuit amplificateur est une mauvaise chose. Entre autres, la présence de la capacité non linéaire base-collecteur ou gate-drain se manifeste.