tonipe a écrit :Imaginez un signal musical avec un fondamental à 100 Hz sur 1/2 sinusoïde, une harmonique à 10000 Hz sur 1/2 sinusoïde, les deux en phase avec les deux maximums rigoureusement superposés.
Si votre chaîne est parfaitement linéaire en phase, les deux maximum vont s'additionner.
Soit deux sources de pression sonore délivrant l'une un sinus à 1 kHz, et l'autre un sinus à 10 kHz, et qui au même instant t0 passent tous les deux à 0 et démarrent une alternance positive.
Avec une célerité de propagation du son dans l'air de 344 m/s,
0.01 s plus tard, la distance parcourue par chacune de ces ondes sonores sera 3.44 m,
ce qui correspond à 10 cycles pour le sinus 1 kHz (longueur d'onde 34.4 cm)
et 100 cycles pour le sinus à 10 kHz (longueur d'onde 34.4 mm).
En un point A, strictement équidistant des deux sources, à 3.44 m,
1ms après t0, les deux ondes se présenteront de la même façon qu'à t0,
passant par 0 et démarrant une alternance positive.
Pour un point B où la différence de trajets entre les deux ondes est de 17.2 mm,
1 ms après t0, les deux ondes passent par 0,
mais, si la distance de ce point B à la source de 1 kHz est restée à 3.44 m,
le 1 kHz démarrera comme précédemment une alternance positive (10 cycles)
et le 10 kHz, qui aura parcouru une distance correspondant à 99.5 ou 100.5 cycles
démarrera une alternance négative.
La pression sonore au point B n'est pas identique à celle au point A
pour la simple raison qu'il y a une petite différence de trajet de 17.2 mm.
Dans la réalité, les deux sources sonores sont des haut-parleurs, l'un est un 21 cm de diamètre nominal, l'autre un tweeter à ruban dont les dimensions de la surface émissive sont 'environ L 35 mm * H 50 mm, la fréquence de recouvrement, à pentes raides, étant de 2.680 kHz.
Ces deux sources ne sont pas ponctuelles, il est difficile d'en déterminer le lieu d'émission avec une précision meilleure que 17.2 mm.
Ensuite, si dans les exemples précédents, on pouvait grossièrment assimiler les points A et B à des capsules microphoniques, une oreille, elle, a une forme très complexe, ou se produisent de multiples réflexions, variables avec la fréquence. De plus, sa situation sur la forme vaguement ovoïde qu'est la tête humaine n'arrange rien, le moindre de mouvement de celle-ci altère le trajet et la combinaison des ondes sonores qui lui parviennent.
Ce n'est pas tout, pour compliquer les choses, des oreilles, il y en a deux, distantes d'environ 17 cm. Les enceintes asoustiques étant normalement disposées à une trentaine de dégrés de part et d'autre de l'auditeur, il y a de grandes différences dans les trajets des sons qu'elles émettent jusqu'aux deux oreilles.
Et on ne parle pas de l'altération de la composition spectrale du son qui doit contourner l'obstacle de la tête pour parvenir à l'oreille la plus éloignée de l'enceinte.
Ni du sort que le cerveau réserve à une fréquence dont l'onde se présente avec un déphasage de 180° entre le tympan de l'oreille gauche et celui de l'oreille droite.
Bref la phase informatiquement rephasée à 10 kHz, passée la sortie des amplis, est loin d'être au bout de ses peines et va se faire copieusement chahutée avant l'analyse cérébrale.
Citation :dans mon exemple avec une demi sinusoïde à 100 et 10000 Hz, avec la correction de la phase les deux maximums s'ajoutent, sans la correction de la phase les deux maximum arrivent séparément. Avec les deux maximums qui s'ajoutent, le signal est plus fort. Un signal plus fort, sans changer le niveau moyen, est bien la caractéristique d'une dynamique supérieure...
On vient de voir combien le trajet des signaux était altéré pour qu'on puisse compter sur un respect de la phase à 10 kHz. Il serait intéressant de voir ce que dit la physiologie acoustique sur cet ajout des maxima de pressions. Et puis il faudrait ne pas oublier la presbiacousie guettante quand se profile la soixantaine : quel sort reserve-t-elle à la perception de la phase ?
Citation :Je n'ai pas la prétention d'avoir un grand système, j'ai simplement un système qui marche beaucoup mieux que la moyenne.
C'est une lapalissade. Par définition, un audiophile a toujours un système qui fonctionne bien mieux que celui des autres.
EDIT
Mesurées avec un générateur de signaux à double sortie et à phase réglable, programmé pour générer des sinus à 1 et 10 kHz de même amplitude de sortie, la tension de leur mélange tant RMS que crête à crête n'indique aucune variation quand on modifie la phase du second.
Si je ne m'abuse, la perception des sons se fonde pour partie sur l'enveloppe des signaux et leur analyse spectrale. Le respect de la forme d'onde telle que l'affiche un oscilloscope (qui pratique une analyse temporelle) est loin d'être primordial à l'écoute, d'autant plus qu'elle est modifiée par le moindre mouvement de la tête.
Si les signaux mono-alternances qui ont proposés sont synthétisables, on n'en recontre pas dans le son des concerts.
La théorie sur le respect de la dynamique formulée de Tonipe se fonde sur des signaux qui n'existent pas dans la réalité.