(11/05/2026-20:53:43)xtof a écrit :![]()
Bonjour à tous,
Je viens de visionner la dernière vidéo de Florent Garcia (bien connu pour ses analyses pédagogiques) intitulée "Pourquoi tout le monde adore le vinyle alors que c'est objectivement nul ?".
https://www.youtube.com/watch?v=9Shl6XXU7rE
Au-delà du titre provocateur, il soulève un point fondamental qui mérite que l'on s'y attarde : le numérique est aujourd'hui la base technique incontournable de la quasi-totalité de la production vinyle.
Voici les arguments qui montrent que le vinyle moderne est, par nature, un produit du numérique :
Le travail de Jean-François Wiorek sur son site MagicVinylDigital est à ce titre exemplaire. Ses analyses techniques (spectrogrammes, mesures de Dynamic Range - DR) montrent un paradoxe fascinant : le vinyle "sonne" souvent mieux parce qu'il impose une contrainte technique salutaire.
- La chaîne de production (DDA/DDT) : De l'enregistrement au mixage, 99 % des productions actuelles sont réalisées sous station de travail numérique (DAW). Même pour les rééditions, le passage par un transfert numérique haute résolution est devenu la norme pour restaurer les bandes et préparer le master de gravure.
- La gravure assistée par ordinateur : Lors de la gravure sur laque, les tours (lathes) modernes utilisent souvent des lignes de retard numériques (Digital Delay Lines). Cela permet d'analyser le signal quelques millisecondes avant que le burin ne touche la laque pour ajuster l'espacement des sillons en fonction de l'amplitude (surtout dans le grave).
- Le mastering correctif : Les limitations physiques du vinyle (distorsion de fin de disque, gestion des basses en mono via des "Elliptical EQ", gestion des sifflantes avec des de-essers) sont aujourd'hui traitées avec une précision chirurgicale grâce aux outils numériques de mastering avant même que le signal n'atteigne la tête de gravure.
- Le cas des fichiers Hi-Res comme source : Les maisons de pressage reçoivent généralement des fichiers 24 bits / 96 kHz ou 192 kHz. Le vinyle devient alors, techniquement, un convertisseur numérique-analogique passif en plastique.
https://www.reddit.com/r/audiophile/comm...than_just/
Sur MagicVinylDigital, on voit clairement que la version dématérialisée est souvent victime de la Loudness War (compression de dynamique agressive pour sonner fort), alors que la version vinyle conserve une dynamique bien plus élevée. Non pas parce que le support est supérieur, mais parce qu'un master "brickwallé" (écrasé) ferait littéralement sauter le diamant du sillon !
Ma question est donc la suivante : Si tout est dit, pourquoi n'avons-nous pas accès, sur les plateformes de streaming (Qobuz, Tidal...), au "Vinyl Master" ? Techniquement, rien n'empêche les labels de nous fournir le fichier numérique haute résolution (celui-là même qui a servi à la gravure) sans la compression dynamique de la version "standard". On aurait alors la dynamique exceptionnelle du vinyle et la propreté absolue du numérique (sans les craquements, le souffle et la distorsion de fin de face).
Qu’en pensez-vous ? Est-ce une stratégie purement commerciale pour forcer les audiophiles à acheter les deux supports ?
Au plaisir de lire vos avis.
Bonne soirée
Christophe.
PS : Le jour où l'on trouvera les "Vinyl Master" sur les plateformes de streaming je m'abonnerai
Bonjour Christophe,
J’apprécie beaucoup tes interventions en général très pertinentes.
Cette dernière ne déroge pas.
L’auteur de cette vidéo souligne bien les difficultés posées par un transfert électromécanique et les défauts inhérents.
Toutefois ma génération n’a connu que les vinyls jusqu’à l’émergence des CD.
Nous avons appris à les apprécier.
Pourquoi redeviennent-ils « à la mode » ?
Là est la question !
Pour les amateurs en possédant une importante collection c’est une autre affaire.
Notons d’ailleurs qu’ils sont souvent également adeptes du CD et du streaming.
Maintenant argumentons :
Plage dynamique moindre, bon, est-ce si important ?
A ce sujet c'est intéressant de suivre les travaux Jean-François Wiorek.
Double conversion c’est pénalisant notamment avec traitement mono des basses.
En revanche Master bien plus « soignés » parfait mais ce serait beaucoup plus utile pour les éditions CD et le streaming comme tu le soulignes.
On peut admettre qu’on aime tout de même aimer écouter nos galettes « psycho acoustiquement ? »
Personnellement j’ai de tout et je goûte à peu près tout si c’est bien édité.
Un peu hors sujet :
Sa réflexion sur les amplis tubes je ne cautionne pas
Là je donne juste mon avis, même si j’enfonce des portes ouvertes de façon redondante.
Cordialement.
Patrick

