Il y a 11 heures
RE: Tout est dit...
(Hier-20:09:04)Ha-Re a écrit : Bonjour Christophe,
j'en suis désolé mais tu reprends les banalités du discours anti-vinyle, lues et relues... alors que ce support et sa technique sont tout à fait viable et satisfaisant. Cela n'interroge pas le passionné que tu es sur ces généralités très basiques, voire fausses pour certaines.
Quelques exemples :
T'es-tu interrogé sur ce que représente 60 dB de dynamique chez toi (30dB de "bruit du silence" + 60 dB de dynamique du vinyle). Écoutes-tu souvent un vinyle à 90 dB pour entendre toute l'information qu'il peut contenir ?
"Des limites physiques évidentes" pour sûr... pour te rendre sourd.
Ou met un son seul à -50 dB déjà sur ta chaine à niveau normale à différentes fréquences et écoute ce "rien".
Idem pour la diaphonie, as-tu une idée de ce que représente 30 dB de différence de niveau entre 2 signaux, et cela encore plus dans un morceau de musique mixé en stéréo et écouté dans les réflexions d'une salle ? et sans même parler de masques... expérimente.
Encore une fois, est-ce une limite physique évidente ? est-ce un besoin de la musique et de l'auditeur ?
Le discours "pseudo-science" a-t-il des oreilles ? ce discours n'est-il pas exagéré surtout quand il se revendique impartial en tout point, alors qu'il bafoue d'énormes aspects de l'audition, de l'acoustique, de la psycho-acoustique et même les techniques en général.
Tiens va faire les tests sur le site Klippel ou autres de niveaux entre signaux, de disto... à volume normal et sur tes enceintes (pas casque)... cela devrait relativiser bien des affirmations dites "scientifiques".
Pour la fragilité, va voir les archivistes de bibliothèques qui mettent à disposition d'écoute leurs archives vinyles sur place sans avoir de besoin, ni grosse crainte de dégradation.
N'as-tu pas hérité de disques de tes parents... écoutables ? Connais-tu bcp de non pointilleux ou non bourrins qui jettent des disques car ils les ont trop usés ?
Une petite Project + une MM peu chère bien choisie, c'est inaccessible et inécoutable sur un intégré commun... et l'occase ? Combien te coûte ta/tes sources numériques, continuellement obsolètes presque ?
Je te l'accorde tout n'est pas rose, le domaine comme la chaîne de prod vinyle a perdu de sa splendeur et masse, mais reste un support viable, qualitatif, avec ses particularités et spécificités... dont le résultat est très apprécié par certains et dont une partie trouve de nombreux manques et défauts au numérique (et pas que la loudness war).
Le support vinyle ou numérique n'est qu'une partie (presque marginale) dans le résultat, sur ce point c'est plutôt le savoir-faire de l'exploitation du support (de la chaîne) qui prime. On peut regretter une dissolution des savoir-faire (analogique et numérique) dans la masse des productions (et quelque part tant mieux pour l'ouverture à la diffusion facilitée), dans la multiplicité des supports, dans les pressions économiques d'une manière générale... et peut-être que des supports plus marginaux, plus chers, peuvent encore en bénéficier (prod vinyle) ou que des supports plus nouveaux, plus "attendus", peuvent aussi être plus choyés.
À l'illusion du tout analogique, je répondrai par l'illusion du numérique parfait (ou du "tout" numérique, quand il n'est pas réchauffé par des machines analogiques ou des distorsions et modulations volontaires).
À une époque on informait bien plus sur les processus de réalisation/production, aujourd'hui l'industrie n'en a pas l'intérêt (profite du flou et ne développe rien dans ce sens alors que très facile ex inscrire le DR), elle préfère marketer sur des noms et entités (label, studio, ingé... qui eux peuvent revendiquer des processus/qualités mais bien moins accessibles et ciblés).
Pour s'interroger, qualifier, "qualiter", il est amusant de reconnaître le son vinyle dans un fichier numérique, il est amusant de reconnaitre le son numérique dans un vinyle.
Bonsoir Greg,
Merci pour cette réponse argumentée qui élève franchement le débat. Tu as tout à fait raison de remettre les choses dans le contexte de la pièce d'écoute et de la psychoacoustique.
Sur le plan purement physique, tu marques un point : avec un bruit de fond résiduel de 30 dB à la maison, exploiter 60 dB de dynamique réelle nous amène déjà à 90 dB de niveau crête, ce qui est largement suffisant pour se fâcher avec les voisins ! Idem pour la diaphonie, les réflexions de la pièce limitent la séparation bien avant le support. Je te rejoins aussi sur le fait que le savoir-faire à chaque étape de la chaîne (du studio au pressage ou au mastering numérique) prime sur le support lui-même.
Là où je persiste et signe, c'est sur ce que l'industrie actuelle fait de ce support. Quand je parle de "supercherie", je vise surtout le business du vinyle moderne et le marketing des majors. Payer 40€ ou 60€ pour une réédition actuelle, souvent pressée à la va-vite sur un plastique de qualité douteuse qui craque dès la première écoute, et qui — comble de l'histoire — a été gravée à partir d'un fichier numérique... pour moi, l'intérêt s'effondre. Quitte à écouter un master numérique, autant le faire directement via un bon DAC bien optimisé, sans rajouter l'usure mécanique et les bruits de surface.
Par contre, je te rejoins à 100 % sur l'idée de l'occasion. Écouter un vinyle d'époque, entièrement produit en analogique à l'âge d'or du support et déniché en brocante, là on est dans une démarche cohérente, chaleureuse et économiquement juste.
C'est là tout le plaisir de ces discussions : confronter la théorie, la psychoacoustique et la réalité du marché !
Bonnes écoutes à toi,
Christophe.
