Il y a 7 heures
RE: Tout est dit...
(Il y a 10 heures)gillesni a écrit : Quelques remarques:
- Personne ne conteste sérieusement que le numérique d'une bande master est d'une grande qualité. Seulement, il y a un petit problème, la majorité des gens ne peuvent pas accéder à cette bande master. Sa grande qualité nous fait donc une belle jambe...
En contrepartie, à l'époque des mobilités, le numérique dans ses versions dégradées offre des possibilités que n'aurait pas pu proposer le vinyle, ce qui est loin d'être suffisant pour prouver que son principe est obsolète.
- Pour le vinyle, pour les plus anciens enregistrés en analogique, il arrive qu'ils donnent des résultats exceptionnels, et j'en ai de nombreux ici qui le prouvent. Cela prouve aussi autre chose, c'est que ce n'est pas le principe du vinyle qui limite le plus sa qualité de restitution, mais plutôt son utilisation à la fois au travers d'enregistrements très divers dans leur principes (AAA, ADD, DDD, etc) ou dans leur qualité de réalisation, et aussi de systèmes de lecture de qualités très variables.
- Après, on peut toujours se poser la question de l'opportunité de continuer à faire des vinyles à l'ère des enregistrements numériques, mais on voit bien que la réponse n'est pas simple puisque à la fois le support vinyle et le support numérique, qu'il soit sur CD ou dématérialisé, permettent d'arriver à des niveaux de restitutions appréciables pour peu qu'on y mette les moyens.
Cependant, je dois bien constater que malgré un système numérique vraiment au top, c'est bien la lecture du vinyle qui procure généralement chez moi les meilleures écoutes.
C'est pour ça que j'affirme qu'avant de tirer des conclusions défintives, encore faut-il avoir à disposition des installations qui permettent de tirer des conclusions valides.
- Enfin, si Sony et Philips n'avait pas quasiment tué le vinyle pour commercialiser trop rapidement un CD balbutiant et initialement entaché d'énormes défauts de conception, on en serait pas là car sans doute que le principe de la lecture vinyle aurait encore pu bénéficier de notables améliorations accessibles au plus grand nombre, à l'inverse de ce qui se passe aujourd'hui où les systèmes de lectures vinyles élaborés sont devenus des produits pour bobos ou millionnaires, ce qui fait que la plupart d'entre nous ne savent pas de quoi est capable ce principe, et l'auteur de la vidéo initiale semble en faire partie.
Bonjour Gilles,
Ton analyse est très juste, surtout quand tu recentres le débat sur la mise en œuvre. On discute souvent des limites théoriques des supports, mais comme tu le dis, c'est la qualité de l'installation qui valide (ou non) les conclusions.
Je te rejoins sur plusieurs points :
- L'accessibilité du Master : C'est tout le cœur de mon "problème". Le numérique a le potentiel d'être parfait, mais si l'industrie nous en livre une version "autoradio", cette supériorité technique ne sert à rien. Le vinyle, par ses contraintes de gravure, nous livre paradoxalement une version plus proche de la dynamique du master original.
- Le "péché originel" du CD : Tu as raison de rappeler que Sony et Philips ont imposé le CD (et son échantillonnage à $44.1\text{ kHz}$) avec des convertisseurs initiaux assez médiocres, là où le vinyle arrivait à sa pleine maturité technique. On a sacrifié une technologie aboutie pour une technologie pratique mais encore balbutiante à l'époque.
- L'expérience d'écoute : Le fait que le vinyle l'emporte chez toi malgré un système numérique 'au top' prouve que l'oreille humaine est sensible à des paramètres que les mesures de distorsion harmonique classiques ne capturent pas toujours bien : la fluidité, le respect des transitoires non rabotées par un limiteur, ou peut-être simplement une absence de fatigue numérique.
Bonne journée,
Christophe.
