(19/01/2026-10:16:34)jsilvestre a écrit :(18/01/2026-00:23:16)begwanch a écrit : Ha-Re
Etc...
Bonsoir Ha-Re,
Je lis ce fil et en abordant le sujet de la "temporalisation des débits" tu ajoutes une précision utile, à laquelle je souscris.
Je pense qu'on peut résumer ainsi : dans le domaine numérique, on a la plupart du temps des flux asynchrones, cad des données qui ne sont pas assujetties temporellement à être transmises à une cadence d'horloge spécifiée. Le cas de l'audionumérique et d'ailleurs aussi de la vidéo numérique, oblige à des flux synchrones, qui sont forcés en dernier ressort, au niveau de la conversion analogique, à respecter rigoureusement une cadence d'horloge. Quitte d'ailleurs à piloter par l'horloge du DAC le débit entrant depuis la source (exemple : le protocole RAAT de Roon et consorts)
Je fais une appartée pour détailler un peu plus un cas qui intéresse directement pas mal de Mélaudiens, celui des drives CD. En mettant de côté ce qui concerne les DAC - disons en supposant un DAC parfait par ailleurs. Personne ne niera qu'on entend sur un système de bonne qualité, des différences entre plusieurs drives CD, connectés sur le même DAC via le même câble. Les meilleurs ont généralement une mécanique assez sophistiquée, ce sont d'ailleurs les plus gros et les plus chers ! Entourloupe ? Ou plutôt paradoxe alors qu'un drive CD-ROM minable en plastique 'transfère' sans erreur des fichiers de tous types - images, données, programmes, vidéos, audio. Evidemment si on fait "jouer" directement à ce bout de plastique le morceau de musique qu'il lit, tout se complique : c'est mauvais.
Flux asynchrone - facile en informatique contre flux synchrone en audionumérique - plus difficile !
Il est en effet compliqué de corriger des erreurs "à la volée" issues d'une lecture optique à assez basse vitesse, tout en respectant exactement une cadence donnée. On a d'abord le problème de boucher les imperfections localisées, heureusement correspondant à des échantillons dispersés par construction dans le format Red Book avec ses codes de correction d'erreur - L'interpolation d'échantillons manquants masque ces petits défauts, jusqu'à un niveau de rayures assez conséquent, que rencontrent rarement les gens soigneux et respectueux des supports musicaux que sont les audiophiles. Mais hélas, ce n'est pas le seul souci rencontré.
Les anciens lecteurs de la RDS se souviennent peut-être d'un article de Jean Hiraga qui détaillait les difficultés de la lecture optique, l'instabilité du "diagramme de l'oeil" - le contrôle qualité qu'on peut faire de la cohérence de lecture des cuvettes non réfléchissantes qui code le signal, avec principalement :
- la nécessité de faire varier continûment la vitesse de rotation afin de garantir une vitesse linéaire correspondant au débit recherché, en évitant tout palier ou à-coup alors que la variation entre début et fin d'un disque complet est dans le rapport des diamètres des pistes la plus interne et la plus externe - peu importe le chiffre exact mais c'est au moins un facteur 5!
- le fait que la lecture se fasse à basse vitesse surtout sur les pistes externes des CD, par rapport aux drives magnétiques, quelque peu stabilisés par effet gyroscopique
- une instabilité fondamentale du diagramme de l'oeil aux alentours de 11 Hz que quasiment aucun drive à ma connaissance ne réussit à complètement annuler.
Il est bien possible que cette instabilité très basse fréquence explique à elle seule pourquoi, en comparant des drives même excellents à une lecture entièrement numérique exempte de ce problème, on ressente avec le full digital une sérénité, une stabilité des plans sonores qui évoque plus la bande master que le CD.
Je demanderai à Jean Hiraga s'il en a gardé un pdf sinon si quelqu'un pouvait faire ou trouver une copie de cet article, ce serait bien de le faire recirculer.
Pour le reste je souscris aussi particulièrement à plusieurs passages de la longue contribution de KIKIWILLYBEE dans ce fil, par exemple concernant les problèmes rencontrés liés aux perturbations diverses, masse, pollution HF et autres ennuis qui perturbent la transmission intégrale et sans erreurs des fichiers musicaux, ou peuvent en altèrer le timing. Et je lis que d'autres, parmi lesquels Melbamel, ou Ragnarsson, ou RM8kinoshita, se montrent particulièrement au fait des particularités de divers types de flux numériques. Ce fil est riche en information.
Voilà pour cette digression - pour ma part, je n'utilise plus de drive CD - il y en a peu que je supporte à l'écoute notamment du fait de l'instabilité relative de scène sonore même légère que la plupart font entendre. J'ai ripé tous mes CD depuis longtemps, et depuis Roon/HQplayer, je mélange streaming et bibliothèque rippée...
Bien cordialement
Christian
PS: Jean Hiraga m'a confirmé depuis qu'il ne l'avait pas sous forme de pdf.
Bonjour Christian,
c'est clair l'aspect temporel ne doit pas être négligé! Cependant des possibilités existent pour le gérer assez efficacement et on s'aperçoit alors que cela n'adresse qu'une partie du problème...
Poser une plaque de cuivre sur un lecteur CD modifie toujours le son même si le flux numérique est inchangé et que son horloge est parfaitement synchronisée...
L'audio, c'est pas simple!
joël
Oui tu as tout à fait raison, merci Joël pour ceci.
En référence aux formats et contraintes évoqués plus haut dans ce fil, l'immunité aux problèmes temporels de la gestion des flux numériques dépend aussi beaucoup de la manière dont ces flux sont gérés. La transmission par paquets peut être bufferisée, les erreurs dans les paquets peuvent être contrôlées à la volée (il faut un feedback que les liaisons audio basiques n'ont pas). Et tout ceci est d'autant plus facile que la bande passante de la transmission est grande devant la bande du signal numérique.
Moyennant ces précautions, une fois soigneusement rippé sur un disque dur rapide (voire un SSD), le contenu d'un CD, en ayant d'ailleurs lu plus vite que normalement et le cas échéant relu plusieurs fois en cas d'erreur, on peut obtenir une copie bit-perfect du contenu du CD. Ces fichiers audio peuvent à nouveau être lus informatiquement et transmis par paquets. Ensuite, avec un logiciel conçu pour retransférer vers un format DAC sans générer de jitter ni de décalage entre les deux canaux, cela permet au final d'avoir contourné l'ensemble des limitations du drive CD que je résumais.
Après, effectivement, dans la lecture en tant que transfert de données synchrones, que ce soit depuis un CD ou un ordi, il reste dans la connexion numérique au convertisseur puis près de la partie analogique, une sensibilité importante aux parasites BF, venant par exemple des alimentations linéaires et bouclages de masse, par induction magnétique des transformateurs, et aussi HF. On peut notamment incriminer les alimentations à découpage, mais aussi les circuits du DAC eux-mêmes.
Concernant le sujet propre du fil, il me semble que dans la mesure où le même processus est mis en oeuvre dans du streaming, sauf difficultés ou limitations de transmission Internet->Ethernet ou Wifi->mise en forme du signal ->DAC, on est dans une situation finale identique, qu'on parte d'un fichier local rippé ou du streaming, et d'ailleurs normalement, ils sonnent à l'identique.
Concernant ta remarque, oui en effet, des plaques de cuivre épais comme isolant des champs magnétiques rayonnés, cela fonctionne très bien, j'en ai un certain nombre, achetées il y a entre 3 et 8 ans - cela devient onéreux vu que le prix du cuivre continue de grimper. L'efficacité constatée en blindage du cuivre épais, diamagnétique donc s'opposant aux champs, est la preuve que dans l'audio y compris numérique, un des problèmes difficiles réside dans les bruits magnétiques.
Certainement en premier lieu, il faut incriminer le rayonnement transfo et les retours dans son secondaire des pics de commutation des diodes, plus le bruit HF généré par les circuits eux-même. Y compris dans les DAC d'ailleurs. Il ne serait pas surprenant si on faisait l'étude, que les DACs les plus musicaux soient ceux à l'alimentation la plus silencieuse et sur lesquels on mesure le moins de bruit en promenant une sonde HF à l'intérieur, près des circuits sensibles.
On pourrait rappeler à l'occasion, concernant aussi l'électronique analogique, que si on voulait vraiment modéliser avec une très grande précision le comportement électrique d'un circuit, non seulement il faudrait disposer de modèles fins de chaque composant passif et actif, mais il faudrait aussi modéliser les rayonnements induits ! Résoudre les équations de Maxwell en 3D dans le circuit et simuler l'interaction entre le modèle limité aux connections et le rayonnement de l"ensemble. Scientifiquement rigoureux pour un physicien mais en pratique infaisable... Et pourtant les concepteurs de montages audio savent que différentes topologies de circuits imprimés avec les mêmes composants ne sonnent pas tous pareils ! L'explication réside à coup sûr dans les effets de ces rayonnements sur le circuit.
Bien cordialement,
Christian
