Bonjour
Je reviens sur le sujet « la disto en hifi », et sur le post de Jean citant les travaux de Geddes à propos de la distorsion non linéaire :
Ces travaux ayant été fait sur des hp, je me suis posé la même question concernant les électroniques.
Ce qui m’a fait me rappeler d’un article de Messieurs Johannet et Guuinic traitant de la musicalité des amplificateurs, et du rapport performances objectives/subjectives.
Je vous donne le lien, il date de 1995. A cette époque, on avait déjà les moyens numériques de mesures, pour ceux qui seraient tentés de parler « d’une autre époque »…
http://6bm8.lab.free.fr/Documentations/R...icali.html
j’ai donc effectué la même expérience, en montant les 2 amplificateurs, dont voici les schémas :
Je dois bien avouer que je doutais vraiment de la véracité des propos des deux auteurs, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai voulu vérifier.
Un ampli à l’ampoule (il n’y en a qu’une par canal)
Un ampli à totors + aop
L’ampli à l’ampoule affiche la puissance colossale de 1W/8R (TTC)
Sa DHT essentiellement composée de H2 (triode) et H4 est de 10% à la puissance max.
Son gain en tension est de 6dB (x2)
Pas de contre réaction.
Impédance de sortie, 3,5R
Avec le transfo de sortie utilisé de 2,5K nous obtenons 20Hz à 60Khz à -3dB
L’ampli totorisé est en rapport, surpuissant, puisqu’il arrive à 1,5W/8R (toujours TTC)
Sa DHT est carrément immesurable, soit moins de 0,001%
Son taux de contre réaction est monstrueux en rapport avec sa puissance, soit plus de 40 dB !
Son impédance de sortie est très basse.
La bande passante va du continu à plus de 1MHz.
Bref, mis à part la puissance de sortie et le bruit de fond dans les deux cas quasi identiques, ces deux amplis n’ont strictement rien à voir au niveau de leur conception comme au niveau des mesures !
Et pourtant à l’écoute, il n’y a quasiment aucune différence entre les deux, en tous cas sur des enceintes du commerce de rendement correct, les athom GT3. Chose vérifiée également par les deux auteurs de l'article, sur d'autres enceintes.
Je suis donc passé à la « vitesse supérieure en plaçant ces deux amplis dans le haut médium d’un système quadri amplifié, (1Khz-8Khz) là précisément où le totor me fait très souvent mal aux oreilles.
J’en fus pour mes frais. Sonorité quasi identique pour les deux électroniques !
Que faut-il en déduire, mis à part que la DHT que nous mesurons depuis des lustres n’a donc à ce niveau strictement aucune importance ? Et que le fameux son des l’ampoules des « objectivistes » n’existe pas, puisqu’il est dans notre cas le même sur l’ampli transistorisé ?
Et ce coup-ci, on ne peut même plus me faire le coup de l’ABX, puisque je n’entends aucune différence… et encore moins me parler de biais cognitif !
Si vous lisez l’article au complet, vous constaterez que si l’ampli à l’ampoule est très simple, ce n’est pas le cas de celui à totors, dans lequel les points de polarisation ont été judicieusement choisis, câblage en l’air, et paire de puissance identique à celle du 30W Hiraga.
Donc, ce qui expliquerait en grande partie les différences de sonorité que l’on entend entre plusieurs amplificateurs serait plutôt les phénomènes de mémoire et thermiques, qui font varier les points de polarisation, et donc le gain des totors. C’est, et j’en suis quasiment persuadé, une cause de distorsion bien plus importante que la THD ou L’IMD avec lesquelles nous faisons fausse route.
J’ajouterais également que les capacités d’un totor, elles aussi, varient en fonction du point de polarisation (voir dans les data) ce qui n’est pas le cas du tube, mais aussi de la t° de la puce, le tout étant lié. Ces capacités parasites mettent un joyeux bordel dans les systèmes, surtout lorsqu’ils sont bouclés, cas de 99% des électroniques totorisées. Pour concevoir un ampli du mieux possible, il faut impérativement prendre en considération ces points.
Aucun logiciel ne peut mesurer la chose… elle n’apparait qu’en régime musical, précisément au gré du signal musical.
Être objectiviste et croire aux mesures est nécessaire. Mais tant que nous en resterons avec cette sacro-sainte sinusoïde pour caractériser nos électroniques, en supposant qu'elles sont linéaires, nous n'avancerons pas.
Je reviens sur le sujet « la disto en hifi », et sur le post de Jean citant les travaux de Geddes à propos de la distorsion non linéaire :
Citation :En gros, grâce à un test élaboré auprès de 25 étudiants, nous avons pu montrer que le THD et l'IMD sont des mesures de distorsion dépourvues de sens en ce qui concerne la perception. En fait, on ne peut pas dire que quelque chose sonne ou ne sonne pas bien sur la base de ces mesures. Un taux de 0,01 % peut être scandaleux dans certains cas et un taux de 25 % peut être inaudible dans d'autres. Les chiffres n'ont pas de sens.
Ce résultat a été confirmé par plusieurs sources et maintenant pratiquement tout le monde dans le domaine des haut-parleurs arrive à la conclusion qu'il est inutile de faire des mesures de THD. Floyd Toole pense que les non-linéarités dans les haut-parleurs sont sans importance, comme le prouve le fait que son nouveau livre ne contient aucune discussion à ce sujet. Lorri Fincham a récemment fait remarquer à l'ALMA que le THD et l'IMD étaient totalement dénués de sens pour juger de la qualité du son. Ma propre présentation à l'ALMA (Chine) l'année dernière dit la même chose et va peut-être même un peu plus loin.
Ces travaux ayant été fait sur des hp, je me suis posé la même question concernant les électroniques.
Ce qui m’a fait me rappeler d’un article de Messieurs Johannet et Guuinic traitant de la musicalité des amplificateurs, et du rapport performances objectives/subjectives.
Je vous donne le lien, il date de 1995. A cette époque, on avait déjà les moyens numériques de mesures, pour ceux qui seraient tentés de parler « d’une autre époque »…
http://6bm8.lab.free.fr/Documentations/R...icali.html
j’ai donc effectué la même expérience, en montant les 2 amplificateurs, dont voici les schémas :
Je dois bien avouer que je doutais vraiment de la véracité des propos des deux auteurs, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai voulu vérifier.
Un ampli à l’ampoule (il n’y en a qu’une par canal)
Un ampli à totors + aop
L’ampli à l’ampoule affiche la puissance colossale de 1W/8R (TTC)
Sa DHT essentiellement composée de H2 (triode) et H4 est de 10% à la puissance max.
Son gain en tension est de 6dB (x2)
Pas de contre réaction.
Impédance de sortie, 3,5R
Avec le transfo de sortie utilisé de 2,5K nous obtenons 20Hz à 60Khz à -3dB
L’ampli totorisé est en rapport, surpuissant, puisqu’il arrive à 1,5W/8R (toujours TTC)
Sa DHT est carrément immesurable, soit moins de 0,001%
Son taux de contre réaction est monstrueux en rapport avec sa puissance, soit plus de 40 dB !
Son impédance de sortie est très basse.
La bande passante va du continu à plus de 1MHz.
Bref, mis à part la puissance de sortie et le bruit de fond dans les deux cas quasi identiques, ces deux amplis n’ont strictement rien à voir au niveau de leur conception comme au niveau des mesures !
Et pourtant à l’écoute, il n’y a quasiment aucune différence entre les deux, en tous cas sur des enceintes du commerce de rendement correct, les athom GT3. Chose vérifiée également par les deux auteurs de l'article, sur d'autres enceintes.
Je suis donc passé à la « vitesse supérieure en plaçant ces deux amplis dans le haut médium d’un système quadri amplifié, (1Khz-8Khz) là précisément où le totor me fait très souvent mal aux oreilles.
J’en fus pour mes frais. Sonorité quasi identique pour les deux électroniques !
Que faut-il en déduire, mis à part que la DHT que nous mesurons depuis des lustres n’a donc à ce niveau strictement aucune importance ? Et que le fameux son des l’ampoules des « objectivistes » n’existe pas, puisqu’il est dans notre cas le même sur l’ampli transistorisé ?
Et ce coup-ci, on ne peut même plus me faire le coup de l’ABX, puisque je n’entends aucune différence… et encore moins me parler de biais cognitif !
Si vous lisez l’article au complet, vous constaterez que si l’ampli à l’ampoule est très simple, ce n’est pas le cas de celui à totors, dans lequel les points de polarisation ont été judicieusement choisis, câblage en l’air, et paire de puissance identique à celle du 30W Hiraga.
Donc, ce qui expliquerait en grande partie les différences de sonorité que l’on entend entre plusieurs amplificateurs serait plutôt les phénomènes de mémoire et thermiques, qui font varier les points de polarisation, et donc le gain des totors. C’est, et j’en suis quasiment persuadé, une cause de distorsion bien plus importante que la THD ou L’IMD avec lesquelles nous faisons fausse route.
J’ajouterais également que les capacités d’un totor, elles aussi, varient en fonction du point de polarisation (voir dans les data) ce qui n’est pas le cas du tube, mais aussi de la t° de la puce, le tout étant lié. Ces capacités parasites mettent un joyeux bordel dans les systèmes, surtout lorsqu’ils sont bouclés, cas de 99% des électroniques totorisées. Pour concevoir un ampli du mieux possible, il faut impérativement prendre en considération ces points.
Aucun logiciel ne peut mesurer la chose… elle n’apparait qu’en régime musical, précisément au gré du signal musical.
Être objectiviste et croire aux mesures est nécessaire. Mais tant que nous en resterons avec cette sacro-sainte sinusoïde pour caractériser nos électroniques, en supposant qu'elles sont linéaires, nous n'avancerons pas.
Les mathématiques sont l'art de donner le même nom à des choses différentes. (Henri Poincaré)
