Rebonjour,
Concernant les logiciels mis à disposition dans les hôpitaux, il y a deux problèmes :
- Pour des question économiques, les services informatiques préfèrent les logiciels "multispécialités", on se retrouve avec des usines à gaz utilisables par un réanimateur, un ophtalmo, un hémato, un psychiatre etc.
Je soupçonne peut-être à tort les services économiques de choisir de préférence les solutions les moins couteuses, ce qui fait que se sont ce que j’appellerais des version "beta publique" avec une quantité de bugs impressionnante. Il n'y a rien de plus exaspérant que de voir un compte rendu disparaitre parce que le bout de Java qui appelle le traitement de texte pour la mise en page plante.
Dans mon métier, la partie légale change constamment et à chaque modifications, l'éditeur rajoute un appendice, là où c'est possible, souvent un peu n'importe où. Au bout d'un moment ça devient ingérable.
L'autre problème c'est que les médecins consultés n'arrivent généralement pas à se mettre d'accord sur ce qu'ils attendent d'un logiciel. Il faut aussi réaliser qu'il y quelques plus ou moins anciens, totalement réfractaires, qui continuent de dicter aux quelques secrétaires encore là.
C'est une grave erreur que de croire que le salaire n'est pas important. J'explore la partie Rhône Alpe, et que ce soit autour de Bourg en Bresse, Annecy ou Thonon, les hôpitaux n'arrivent pas à recruter parce qu'en Suisse une infirmière a un salaire quasiment quadruplé. Les médecins c'est a minima le double. A Annecy et Thonon, le prix de l'immobilier fait qu'avec un salaire français, c'est impossible de se loger.
En région parisienne c'est exactement le même problème, même avec un salaire de praticien hospitalier, c'est impossible de trouver un appart à 3 chambres qui ne soit pas en grande banlieue. Et avec les astreintes, il faut pouvoir arriver dans la demi heure.
Je suppose qu'en Alsace c'est la même chose avec les rémunérations Allemandes.
Avec des rémunérations insuffisantes, personne ne reste et les relations entre ceux qui sont vraiment attaché au service public se dégradent salement, les gens finissent par se haïr et la charge de travail devient trop importante.
Par exemple, je suis le seul médecin dans un service d'aigu de 25 lits, les praticiens en poste ont tous pris des ponts à rallonge.
C'est beaucoup de travail : il faut compter 1/2h-3/4h par patient et il m'est impossible de tout faire, ce qui saute en tout premier ce sont les comptes rendus de sortie.
Très franchement, comme d'habitude, ils vont me proposer des rester avec un poste, mais je vais évidemment refuser : je sais d'avance que je vais me crever à la tâche en ayant toujours cette idée naïve et ringarde que les autres médecins partagerons équitablement le boulot.
Je suis tout à fait conscient que ça ne concerne pas que les hôpitaux, le système dans son ensemble est à bout de souffle.
Concernant les logiciels mis à disposition dans les hôpitaux, il y a deux problèmes :
- Pour des question économiques, les services informatiques préfèrent les logiciels "multispécialités", on se retrouve avec des usines à gaz utilisables par un réanimateur, un ophtalmo, un hémato, un psychiatre etc.
Je soupçonne peut-être à tort les services économiques de choisir de préférence les solutions les moins couteuses, ce qui fait que se sont ce que j’appellerais des version "beta publique" avec une quantité de bugs impressionnante. Il n'y a rien de plus exaspérant que de voir un compte rendu disparaitre parce que le bout de Java qui appelle le traitement de texte pour la mise en page plante.
Dans mon métier, la partie légale change constamment et à chaque modifications, l'éditeur rajoute un appendice, là où c'est possible, souvent un peu n'importe où. Au bout d'un moment ça devient ingérable.
L'autre problème c'est que les médecins consultés n'arrivent généralement pas à se mettre d'accord sur ce qu'ils attendent d'un logiciel. Il faut aussi réaliser qu'il y quelques plus ou moins anciens, totalement réfractaires, qui continuent de dicter aux quelques secrétaires encore là.
C'est une grave erreur que de croire que le salaire n'est pas important. J'explore la partie Rhône Alpe, et que ce soit autour de Bourg en Bresse, Annecy ou Thonon, les hôpitaux n'arrivent pas à recruter parce qu'en Suisse une infirmière a un salaire quasiment quadruplé. Les médecins c'est a minima le double. A Annecy et Thonon, le prix de l'immobilier fait qu'avec un salaire français, c'est impossible de se loger.
En région parisienne c'est exactement le même problème, même avec un salaire de praticien hospitalier, c'est impossible de trouver un appart à 3 chambres qui ne soit pas en grande banlieue. Et avec les astreintes, il faut pouvoir arriver dans la demi heure.
Je suppose qu'en Alsace c'est la même chose avec les rémunérations Allemandes.
Avec des rémunérations insuffisantes, personne ne reste et les relations entre ceux qui sont vraiment attaché au service public se dégradent salement, les gens finissent par se haïr et la charge de travail devient trop importante.
Par exemple, je suis le seul médecin dans un service d'aigu de 25 lits, les praticiens en poste ont tous pris des ponts à rallonge.
C'est beaucoup de travail : il faut compter 1/2h-3/4h par patient et il m'est impossible de tout faire, ce qui saute en tout premier ce sont les comptes rendus de sortie.
Très franchement, comme d'habitude, ils vont me proposer des rester avec un poste, mais je vais évidemment refuser : je sais d'avance que je vais me crever à la tâche en ayant toujours cette idée naïve et ringarde que les autres médecins partagerons équitablement le boulot.
Je suis tout à fait conscient que ça ne concerne pas que les hôpitaux, le système dans son ensemble est à bout de souffle.
Il n'est pire sourd que moi
Yves
Yves
