(27/04/2022-09:34:02)jefourcade a écrit :(26/04/2022-23:09:13)voluth40 a écrit : Le gros problème c'est que, bien souvent, ceux qui réclame à hauts cris la libéralisation de la liberté d'expression sont aussi ceux qui confonde cette liberté d'expression et de pensée, très précieuse pour les démocraties, avec "fourniture de faits alternatifs" ou "fake news", invention de complots divers et variés, manipulation des esprits et des opinions etc, etc... C'est bien sur la grandeur et la faiblesse de la démocratie, les dictatures de ce côté n'ont rien à craindre, elles sont vaccinées contre ça, si elle ne le sont pas contre le Covid...
C'est un joli contre sens !
Tout d'abord il convient de rappeler que la liberté d'expression n'a rien à voir avec la véracité des propos qui y sont tenus.
Je donnerai un exemple important : au nom de la liberté d’expression, Noam Chomsky apporta son soutien à Robert Faurisson dans un texte que ce dernier publia en préface d'un de ses ouvrage. On peut être certain connaissant Chomsky que celui-ci ne partage pas les thèses de Faurisson ....
Ensuite, ceux qui sont pour la liberté d'expression sont justement ceux qui ont conscience que les manipulations de pensées, fake news ... comme tu le dis, ne peuvent être démasqués qu'à travers une liberté d'expressions sans entrave.
Je ne suis d'ailleurs pas sûr de complétement comprendre tes propos. Concernant les fake news, complots divers, tu voudrais les interdire ? Mais qui définit et sépare les thèses complotistes de celles qui n'en sont pas ? Toi ?
Les manipulations des opinions sont de tous bords et les états ne s'en privent pas. L'exemple le plus célèbre étant celui de Colin Powell brandissant une fiole à l'ONU en affirmant que Sadam Hussein développait des armes de destructions massives. Le résultat de cette fake-new a fait quelques centaines de milliers de morts ...
Pour revenir à Musk, une des propositions phares est de rendre open source, l'algorithme de sélection de ce qui apparaît dans le fil Tweeter d'un utilisateur. Cette proposition a été soutenu par Jack Dorsey, le fondateur de Tweeter.
Musk envisage également d'autoriser des tweets plus long.
Pour revenir à moins d’agitation stérile, il nous faudrait une réforme profonde de la gouvernance d’Internet, la fin du Far West, quitte à mettre en place une gouvernance mondiale qui permette de préserver notre si importante liberté d’expression mais jugule -et sanctionne- son usage comme une « liberté de désinformer » contre-productive quand ce n’est pas malfaisante. Après tout, on peut bien attaquer ou être attaqué en diffamation dans la presse classique. Pourquoi serait-ce impossible sur Internet ?
Publier les algorithmes est une chose, publier les poids donnés à différents termes de l’optimisation en est une autre. Mettons que l’algorithme ait une composante « engagement ranking » qui est le driver principal sur Facebook (plus les gens recirculent « n’importe quoi de préférence » plus FB gagne de l’argent par la publicité) et une autre composante plus axée, imaginons, sur le rapport des propos à des faits vérifiés, comment savoir sans les valeurs si l’un compte pour 10 % et l’autre pour 90 ou l’inverse ? Je caricature mais c’est pour illustrer le problème. Au passage ceci est une piste mais bien trop longue pour tenir dans un tweet et c’est déjà un énorme problème.
La vraie question à mon sens sur Twitter est: avons-nous besoins de plus d’opinions sans information pertinente, ou plutôt de davantage d’information vérifiée ? Vu sous cet angle, Twitter sert surtout à exprimer des opinions et ne peut contenir au mieux que des liens vers davantage d’information.
Est-il utile à la société dans son ensemble ? Je suis étonné qu’au moment où l’après-élection fait ressortir un paysage politique plus clivé que jamais en France, tout le monde semble chercher des coupables politiques sans incriminer plutôt… des outils de clivage: les réseaux sociaux, source directe de clanisme. Le site Spicee.com a diffusé un reportage édifiant à ce sujet utilisant Facebook et quelques étudiants de Science Po comme cobayes à l’occasion des élections des précédentes élections européennes. Le lien est ci-dessous.
https://www.spicee.com/content/la-nouvel...inion-1630
La même chose s’est passée aux USA : c’est en 2016 que statistiquement s’est produit le passage à plus de 50% des gens recevant prioritairement de l’information par les réseaux sociaux et non par les canaux habituels. On sait ce qui s’est passé ensuite : l ‘élection d’un imposteur, qui a gouverné comme un mafieux de l’immobilier - ce qu’il est en réalité - et a sérieusement ébranlé les fondements de la démocratie aux USA.
Il y a donc de bonnes raisons de penser que les réseaux sociaux contribuent pour une part importante aux clivages politiques et à l’agitation sociale dans les démocraties modernes. Au bilan, les algorithmes actuels de ces réseaux sociaux, sont étudiés et réglés pour gagner de l’argent au mépris de toute idée de cohésion sociétale ou même de bienveillance psychologique, conduisent à nous cliver et font ressortir ce qui nous divise en le renforçant, faisant de nous collectivement le pire de nous-mêmes. Grâce notamment à la courageuse transfuge FB Frances Kalman, on a vu que Mark Zuckerberg ne s’intéressait qu’a ses gains. Elon Musk fera t’il le grand pas ? Ce serait plus utile à l’humanité que de préparer des vols vers Mars. Nous verrons si c’est autant un humaniste qu’un businessman.
Cordialement,
Christian
Le
